Archive mensuelle pour décembre 2008.

Le Sud et la lumière : deux ingrédients qui marquent un tournant décisif dans la peinture ‘’matissienne’’. L’artiste dépasse la lumière flamande caractéristique de ses tableaux vers des couleurs plus vives, plus lumineuses et des thèmes spécifiques au Sud.

Premiers contacts

L’histoire d’Henri Matisse avec le Sud est fascinante. L’artiste issu du Nord de la France, dont les oeuvres sont marqués par les paysages particulièrement sombres de sa région natale, va découvrir avec émerveillement un autre type de lumière en 1904. Invité par son ami, le divisionniste Paul Signac à Saint-Tropez, Matisse est ébloui par la forte luminosité du Sud et ses effets sur la teneur et la vivacité des couleurs. Il travaille alors sur la décomposition prismatique de la lumière en appliquant les techniques de la synthèse additive et soustractive. Il joue avec les reflets et les contrastes clair/obscur. Matisse s’inspire du pointillisme de Paul Gauguin des débuts, de Cézanne et de Vincent Van Gogh qui avaient bousculé des normes établies. Matisse ira vers des touches colorées éclatées en petits points qui marquent les débuts du fauvisme largement théorisé par Paul Gauguin.

Son goût pour ce genre de peinture lui est inspiré depuis ses voyages en Corse en 1898: « J’étais en Corse une année, c’est en allant dans ce pays merveilleux que j’ai appris à découvrir la Méditerranée, là-bas j’étais ébloui : tout brille, tout est couleur, tout est lumière. »(1). Il visite l’Espagne méridionale et le Maroc entre 1910 et 1913 d’où il puise le fameux bleu matissien. En décembre 1915, il est à Marseille avec son ami Marquet ; il y retourne l’été suivant.

 Rue du soleil Matisse, 1905

Rue du soleil Matisse, 1905

La période niçoise ou l’explosion des couleurs

Pour soigner une bronchite tenace, Matisse se rend à Nice en 1917. Séduit par la ville, son port, ses paysages et ses lumières méditerranéennes, il décide de s’y installer. Commence alors la fameuse période niçoise qui s’étalera jusqu’en 1928.

Il a 50 ans et c’est l’après-guerre baptisée ‘’Les Années folles’’. Matisse, ainsi que Picasso et d’autres artistes dont l’école de Paris se cherchent de nouveaux repères d’expression, de nouvelles techniques. La thématique de Matisse s’articule autour des intérieurs à la fenêtre, des odalisques, réminiscences de son séjour au nord du Maroc ou d’innombrables portraits des membres de sa famille, réalisés dans la chambre des différents hôtels où il réside. Ses peintures sont marquées dès lors par des couleurs écarlates, chatoyantes, décomposées. Il veille à utiliser les couleurs primaires de sa palette, empreintes de lumières intenses et expression de ses propres repères. C’est très manifeste sur ses œuvres durant cette période, comme dans Paysage, Le Repos, Nice- la mer, Femme auprès de la fenêtre ou Ma Chambre à Nice : « Je me suis servi de la couleur comme moyen d’expression de mon émotion et non de transcription de la nature. J’utilise les couleurs les plus simples. Je ne les transforme pas moi-même, ce sont les rapports qui s’en chargent. Il s’agit seulement de faire valoir des différences, de les accuser. Rien n’empêche de composer avec quelques couleurs, comme la musique qui est bâtie uniquement sur sept notes. »(2).

Paysages et végétation sont omniprésents dans les œuvres d’Henri Matisse fort appréciés par la bourgeoisie locale qui lui commande souvent des peintures. Arbres et branchages, lianes, fleurs et plantes décorent des intérieurs qui célèbrent le chatoiement des couleurs dans leur décomposition lumineuses et des espaces rythmés.

Fasciné par les effets produits par la lumière du Midi, Matisse a poussé son périple jusqu’à Tahiti en 1930, pas loin des endroits où Paul Gauguin, qui l’a tant inspiré, a mis en exergue les couleurs dites fauves et la décomposition des couleurs primaires.

Henri Matisse a fini sa vie à Nice où il est décédé en 1954 en ces lieux lumineux qui ont constitué pour lui un tournant important et pour l’art la pérennité de ses œuvres indémodables. Des fenêtres pour d’autres courants picturaux qui sont apparus par la suite.

Fenêtre à Tahiti 1936

Fenêtre à Tahiti 1936

(1) Dominique Fourcade, Henri Matisse. Ecrits et propos sur l’Art, Paris, Hermann, 1992

(2) Propos recueillis par Gaston Diehl dans Art présent, n°2, 1947.

F.O

Un flash de scénarios semblables frappe d’emblée le spectateur de 94749_0815e7d1a724995258b6dbf108e37bf43Vilaine. Entre Bridget Jones et Amélie Poulain, Mélanie Lupin est cette fille enveloppée, mal dans sa peau, gauche et gentille. La gentillesse est désormais son vrai problème. Comme toute fille au physique ingrat, être gentille est pour elle le seul moyen de se faire accepter par les autres : sa mère, sa grand-mère, sa voisine dont elle promène le chien et ses fausses copines. Et comme toutes les héroïnes de son envergure, Mélanie, cruellement abusée par sa cousine et ses amies, se révolte et décide d’opter pour la méchanceté.

Le cliché est omniprésent dans le film : la fille enrobée que la nature n’a pas gâtée, dont la vie sentimentale est terne, et qui passe son temps sur Internet avec un paquet de chips à portée de main. La fille qui, le jour de la Saint Valentin, est foudroyée par la méchanceté gratuite de ses pseudos copines qui se moquent d’elle derrière son dos. Trois belles filles qui illustrent à leur tour le cliché des trois pestes : une blonde, une rousse et une brune. Des « garces » desquelles elle entend bien se venger tout au long du film. Enfin, un autre détail courant : Mélanie est aussi une fille moche qui aspire au prince charmant sans voir l’amoureux transi qu’elle côtoie tous les jours.

La comédie est partagée entre situations cocasses, délirantes et hilarantes : Le « Non ! » crié à la femme enceinte dans un bus, engueulade des vieux de la maison de retraite, la bagarre avec Aurore la cousine, le mariage burlesque d’ Aurore, enfin un clin d’œil flagrant à Forrest Gump. Les séquences du film sont ponctuées d’intrusions off d’un narrateur qui commente la vie de l’héroïne en accentuant le côté « infimement » dramatique de son histoire : « Mélanie avait compris qu’on ne pouvait pas être rond dans un monde carré ». Une séquence peut néanmoins choquer le spectateur, Marilou Berry maltraite un enfant, mais on le sait, cela n’est qu’un film.

Dans un décor un peu à l’américaine, une musique des années 80, les acteurs sont exclusivement des femmes. Le jeu de la fille de Josiane Balasko est parfaitement adapté à l’histoire. Elle incarne le personnage de l’injusticière et s’illustre un talent sûr pour la comédie. Au contraire, le jeu des « pestes » Frédérique Bel, Joséphine de Meaux et Valérie Bonneton frise la caricature des fées Carabosse, la méchanceté étant poussée à son extrême.

En somme, avec la Vilaine, un moment sympathique en perspective mais pas forcément explosif.

F.O

Qui, quoi?

Visiteurs

  • 36,375 visites

 

décembre 2008
L Ma Me J V S D
« oct   jan »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.