Un flash de scénarios semblables frappe d’emblée le spectateur de 94749_0815e7d1a724995258b6dbf108e37bf43Vilaine. Entre Bridget Jones et Amélie Poulain, Mélanie Lupin est cette fille enveloppée, mal dans sa peau, gauche et gentille. La gentillesse est désormais son vrai problème. Comme toute fille au physique ingrat, être gentille est pour elle le seul moyen de se faire accepter par les autres : sa mère, sa grand-mère, sa voisine dont elle promène le chien et ses fausses copines. Et comme toutes les héroïnes de son envergure, Mélanie, cruellement abusée par sa cousine et ses amies, se révolte et décide d’opter pour la méchanceté.

Le cliché est omniprésent dans le film : la fille enrobée que la nature n’a pas gâtée, dont la vie sentimentale est terne, et qui passe son temps sur Internet avec un paquet de chips à portée de main. La fille qui, le jour de la Saint Valentin, est foudroyée par la méchanceté gratuite de ses pseudos copines qui se moquent d’elle derrière son dos. Trois belles filles qui illustrent à leur tour le cliché des trois pestes : une blonde, une rousse et une brune. Des « garces » desquelles elle entend bien se venger tout au long du film. Enfin, un autre détail courant : Mélanie est aussi une fille moche qui aspire au prince charmant sans voir l’amoureux transi qu’elle côtoie tous les jours.

La comédie est partagée entre situations cocasses, délirantes et hilarantes : Le « Non ! » crié à la femme enceinte dans un bus, engueulade des vieux de la maison de retraite, la bagarre avec Aurore la cousine, le mariage burlesque d’ Aurore, enfin un clin d’œil flagrant à Forrest Gump. Les séquences du film sont ponctuées d’intrusions off d’un narrateur qui commente la vie de l’héroïne en accentuant le côté « infimement » dramatique de son histoire : « Mélanie avait compris qu’on ne pouvait pas être rond dans un monde carré ». Une séquence peut néanmoins choquer le spectateur, Marilou Berry maltraite un enfant, mais on le sait, cela n’est qu’un film.

Dans un décor un peu à l’américaine, une musique des années 80, les acteurs sont exclusivement des femmes. Le jeu de la fille de Josiane Balasko est parfaitement adapté à l’histoire. Elle incarne le personnage de l’injusticière et s’illustre un talent sûr pour la comédie. Au contraire, le jeu des « pestes » Frédérique Bel, Joséphine de Meaux et Valérie Bonneton frise la caricature des fées Carabosse, la méchanceté étant poussée à son extrême.

En somme, avec la Vilaine, un moment sympathique en perspective mais pas forcément explosif.

F.O