Archive mensuelle pour mars 2009.
Les cadis de Mayotte ont voté, ça y est, leur île sera un DOM français, le 101ème département d’une métropole qui se trouve comme tout le monde le sait en Europe.
Hallucinant et pourtant vrai. L’on se demande comment ces Mahorais enturbannés de “kofia” souvent polygames et musulmans pratiquants ont pu voter, avec une majorité écrasante de 95,2%, OUI à la départementalisation française de l’île?
L’on se demande aussi comment le président Nicolas Sarkozy a tenu à faire aboutir ce référendum lui que la “racaille” et les intégristes agacent tant?

Les DOM TOM
Mayotte est, comme les autres DOM TOM, une ancienne colonie française. Mais c’est une île des Comores dont les moeurs et la culture sont musulmanes. Les femmes sont voilées, on les a vues aux urnes avec leurs “salouvas” (large tissu aux couleurs chatoyantes) et leurs “kichalis” (voile porté sur la tête).
En France ce n’est un secret pour personne que les votants Mahorais ont opté pour les aides sociales promises par la France pour 2012 quitte à lâcher du lest sur les lois musulmanes les plus canoniques. La polygamie sera interdite et les mariages non consentis aussi. Les filles de moins de 18ans n’auront pas le droit de se marier et le “wali” (tuteur) aboli.

Femmes mahoraises © Y. GILDAS juillet 2007
En somme, tout un pan identitaire et culturel sera plié, en faveur des quelques euros des alloc sarkoziennes.
Certains Français expriment sur un ton scandalisé l’absence de référendum en métropole sur ce choix de départementaliser Mayotte. C’est le cas de Yves Thréard dans un article sur son blog du Figaro “Mayotte: Le scandaleux vrai faux référendum” :
“Pourtant, le changement de statut de Mayotte n’est pas anodin. Financièrement d’abord, il coûtera aux contribuables français. Culturellement ensuite, cette île lointaine, que la France a voulu unilatéralement garder au moment de l’indépendance des Comores, en 1974, n’a rien à voir avec les Antilles ou la Réunion. Elle est de tradition musulmane, à mille lieues des lois françaises.”
Et aujourd’hui Le Monde titre “La Ligue arabe rejette “l’occupation française” de Mayotte“.
Le dirigeant Comorien Ahmad Abdallah Sambi a dénoncé hier au sommet de la Ligue arabe la “politique coloniale de la France”, il a appelé les pays arabes à exprimer “leur solidarité avec le peuple des îles Comores dans la défense de son droit légitime, juridique et souverain à recouvrer l’île de Mayotte et à publier, à l’instar de l’Union africaine, un communiqué rejetant le référendum nul“. “L’île de Mayotte est un territoire arabe occupé et toutes les mesures prises par l’Etat d’occupation sont nulles et non avenues“
Ce qui est étonnant c’est que les dirigeants Arabes ont accédé à sa demande et abondant dans le même sens ils ont proclamé leur “rejet de l’occupation française et demandent à la France de poursuivre le dialogue avec le gouvernement comorien pour parvenir à un règlement qui garantit le retour de l’île Mayotte sous la souveraineté des Comores“.
Ile française, musulmane, arabe ou africaine? Mayotte flotte encore malgré son choix d’être un DOM.
Feriel.O
Travailler plus pour gagner moins

Affiche Archives nationales du monde du travail - Lille
©Feriel
Feriel.O
Encore une dépêche insolite de l’AFP.
Aux Etats Unis, deux adolescents risquent 25 ans de prison pour avoir séquestré, torturé et brûlé vif un chat. Une info qui donne à réfléchir ma foi.
Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en lisant ce papier. J’imaginais le
général Aussaresse, ou tout autre tortionnaire de son acabit, en train de lire ça dans un canard. Quelle aurait été leur réaction?
Des milliers d’être humains sont morts sous la torture sans que jamais personne ne demande des comptes à leurs bourreaux.
Sous prétexte de “guerres propres” ou de “guerres saintes” ou que sais-je encore, des mobiles foireux justifient toujours le mal fait à des gens qu’on tend à faire passer pour des méchants.
Et là, comme sous le coup d’une baguette magique, dans le royaume enchanté d’Obama le Magnifique, le bien semble régner partout.
Il promet le retrait des troupes en Afghanistan, donne les dates de fermeture de Guantanamo, rassure les Irakiens en déclarant la fin de la guerre et le retrait progressif de l’armée américaine, il tend la main à Téhéran, et là c’est le bouquet, même les chats sont protégés par les lois de Saint Obama.
Ave Obama! Si seulement tous les maîtres du monde étaient comme toi.
A bon entendeur chalut.
F.O
Boycott-dz.com est un site citoyen qui appelle au boycott des prochaines présidentielles en Algérie.

Logo Boycott-dz.com
Un autre “son de cloche” (El Watan), sur cette réalité politique de la campagne électorale vécue ces derniers jours par les Algériens.
Le site est bien fait : photos, vidéos et des articles sur l’actualité de l’événement plus un sondage sur le vote des internautes par rapport aux six candidats des élections.
Les animateurs du site se présentent comme : ” un groupe d’internautes d’horizons divers, bénévoles et sans aucune appartenance partisane (dont) le seul point commun est le refus de participer à ces “élections” présidentielles de la Honte. “

Logo Boycott-dz.com
L’appel au boycott est explicite et constitue une parole qui trouve la liberté de s’exprimer sur l’espace démocratique qu’est la blogosphère .
F.O
Aujourd’hui, un article métajournalistique fielleux sur Bakchich.
“C’est quoi un bon article? C’est lorsque les gros mots sont de petits lions” descend en flèche l’écriture journalistique actuelle qui a force de faire dans le pragmatisme s’éloigne d’une écriture stylée et ornementale.
Il aurait été plus simple de cibler, par cette critique, des journaux bien
particuliers. Mais de là à rejeter en bloc, et en la raillant, la forme du journalisme actuel, c’est une tâche bien facile.
Jeter son venin sur une écriture journalistique qui s’accommode de la demande actuelle du lecteur-consommateur, est tout simplement débile. Nous ne sommes plus au XIXe siècle pour écrire dans le style de feu Honoré de Balzac ou, plus près de nous, dans celui d’un Céline. Le public n’est plus cette élite bourgeoise friande de canards érudits et précieux.
Les temps ont changé, le lectorat a changé et la pratique même du journalisme a changé. L’écriture journalistique a bien fait de se “débourgeoiser” pour s’ouvrir enfin au grand public à qui elle s’adresse dans son langage à lui. C’est-à dire un langage simple, précis, direct, sans ambiguïté.
Pour ceux qui se sentiraient frustrés de l’absence de figures de style et de rhétorique en lisant un journal, il est plus simple de les trouver à la Fnac, dans des rayonnages regorgeant de romans.
Pour finir, au lieu de s’attaquer à la forme dans laquelle l’information est livrée au public, il serait plus judicieux de se pencher sur la pratique journalistique proprement dite, sur le traitement de l’information et ce qui s’ensuit. C’est là où il y a de la critique à faire.
Un extrait du pamphlet bakchichien :
“Les chroniqueurs actuels sont de laborieux faiseurs de la petite phrase neutrement digne, creusement effilée, blanchâtre, propre, impersonnelle, exprès sans style, simple, claire, du cœur, de tous les jours, pas moins profonde… bref, des délateurs d’information anonyme. Ils sont chiants, sobres, minables. En un mot : des « collaborateurs » contemporains. (…) Pour eux, trois mots couchés comme ça sur la page blanche, c’est toujours trois mots, c’est le B.A.Ba du premier journaleux venu, balbutiant bambin ou billettiste inhibé. Passant à côté de l’émotion, il ne reste malheureusement plus grand-chose… Ils sont malheureux comme les pierres que l’on jette à l’Abbé du même nom : trois points de suspension et puis s’en vont !“
La suite sur le lien de l’article.
F.O
Et drôle de presse…
Une dépêche de l’AFP a apparemment été reprise telle quelle par plusieurs titres (Nouvel Obs, Le point, Le Télégramme) autour d’une fatwa bizarre.
Celle-ci, datée du 12 mars, reprend le contenu d’un site musulman Islam-on-line. Elle concerne la requête d’un jeune homme qui aurait posé une question sur un médicament qui lui a été prescrit pour remédier à sa calvitie. Le médicament contient 0,3 mg d’alcool et a pour effets secondaires des troubles de l’érection.
La réponse aux angoisses du jeune homme tombe et c’est une femme qui
la donne. La théologienne Zainab al-Alwani lui conseille d’arrêter le médicament puisque l’alcool est prohibé et l’impuissance provoque des problèmes dans le couple.
En dehors du fait que la fatwa soit aberrante – et c’est la première chose que retient le lecteur-, ce qui laisse dubitatif, c’est le fait que l’information donnée par l’AFP, et reprise ailleurs, soit pauvre. On sait que cela se passe en Egypte, pays hebergeur du site, mais aucun renvoi n’est fait sur la page, ou le lien du forum où cet échange a eu lieu. Il n’y a aucune citation des deux protagonistes qui authentifie l’information.
Par ailleurs, il est clair que c’est une fatwa amusante et -il faut le dire- puérile, quand on sait que l’alcool tout comme le porc ( qui sont prohibés en islam) deviennent licites dés qu’il s’agit de santé dés lors où il ont des vertus médicinales.
F.O
Ils en parlent le 8 mars
En lisant la presse ces derniers jours, le sujet à l’honneur est, bien entendu, la femme. Toujours la même rengaine : une journée prétexte pour évoquer des problèmes de sociétés qui, eux, sont présents toute l’année.
Revue de presse pour les femmes d’un jour
Tous les articles publiés se veulent anglés pour éviter le rabâchage des marronniers, pourtant il est difficile de contourner les redites.
Inégalités sociales et politiques, sexisme, violences faites aux femmes, harcèlement au travail,…
Tous les sujets sont épuisés sans pour autant nous sortir de la routine d’un tel événement. On connaît la chanson : Il ne faut pas taper les femmes, il faut les respecter, leur donner exactement les mêmes droits que les hommes et blablabla
Pluie de chiffres sur les représentations des deux sexes dans tous les domaines. Constats, élections, émissions de projets de lois, communiqués de manifestations diverses…Comme d’habitude. Le 9 mars, rebelote, et surtout on oublie tout jusqu’à l’année prochaine.
Quelques titres racoleurs sur la toile
Certains papiers tendent pourtant vers l’originalité.
Actualité oblige, certains se sont penchés sur la condition socioprofessionnelle des femmes en cette période de crise, “La crise va aggraver la situation des femmes” d’après Sud-Ouest. Il paraitrait, selon des chiffres encore une fois, que les femmes souffrent plus de la récession, elles sont plus sujettes aux licenciements. Des faits contestés par Ségolène Royale qui affirme que les femmes et leurs qualités de gestionnaires de PME, sont capables de sortir l’Etat de la crise.
“La journée de la femme, une bonne idée?” titre 20 minutes dans un article qui commence par s’interroger sur l’importance d’une telle journée mais qui tourne vite au rappel historique du combat féministe.
Un article plus ciblé et pertinent, parsemé de MLFisme, est signé par l’écrivaine Congolaise Ghislaine Sathoud. “Journée internationale des femmes, le mirage du progrès” parait dans Le Devoir et fait un état des lieux du côté de la femme Africaine, il revient sur son chemin parcouru mais surtout celui qui lui reste à parcourir.
Un article acide et osé dans Agoravox, part d’une opposition “Journée internationale DES femme contre la journée de LA femme” pour mettre le doigt sur une arnaque terminologique. L’angle est plutôt bien trouvé, le style est dépaysant.
Et dans le grand fouillis médiatique concernant la journée internationale des femmes, se dégage le gag de la semaine, “Mgr Vingt-Trois consacré “macho de l’année” “. L’hebdomadaire Le Point trouve la parade avec le top trois des machos en France, sélection faite par l’association Les chiennes de garde pour son 10 ème anniversaire.

Caricature de Dilem, Liberté 8 mars 2009
F.O
La descente aux enfers continue pour Dieudonné.
Soixante quinze mille dollars, c’est la somme des dommages que l’humoriste devra payer à Patrick Bruel. Cette condamnation a été prononcée par la Cour supérieure de Montréal suite à l’action en diffamation intentée par le chanteur contre Dieudonné.
Lors d’une émission télévisée diffusée le 29 novembre 2006 sur Télé-

Dieudonné M'bala M'bala, lors de son spectacle Best-Of, 2007.
Québec, l’humoriste aurait traité Patrick Bruel de “menteur” et de “militaire israélien” affirmant qu’il soutenait les bombardements de l’armée israélienne au Sud-Liban.
Il y a quatre jours Le Monde titrait encore “Les étranges amitiés de Dieudonné” dans un article où l’accent est mis sur sa relation avec “le gratin des négationnistes” notamment Robert Faurisson qu’il a invité vendredi au Zénith de Paris.
L’humoriste franco-camerounais connait ce déferlement médiatique depuis le 1er décembre 2003 avec son sketch sur France 3 chez Fogiel (Voir la vidéo) où il incarne un colon juif. Le débat est alors lancé sur les limites de la liberté d’expression peu de temps avant les caricatures de Mahomet qui l’ont décuplé.
Mis en quarantaine par plusieurs chaînes télé, attaqué en justice pour propos injurieux sur la mémoire de la Shoah, censuré presque partout, Dieudonné se contente de s’exprimer souvent à son Théâtre de la main d’or, au 11e arrondissement de Paris, où il se produit.
Où commence et où s’arrête la liberté d’expression? “On peut rire de tout mais pas avec tout le monde” dirait Pierre Desproges
F.O



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