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Femmes afghanes

La situation, plus qu’alarmante, de la femme afghane n’a pas fini de faire couler l’encre, de faire réagir les humanitaires, de faire rager les associations féministes internationales.

Le débat continue autour de cette loi de la honte que Hamid Karzai avait promulguée sans ciller il y a un mois.”Une femme est tenue de satisfaire les désirs sexuels de son mari” tel est le contenu d’un des articles de cette loi chiite qui codifie la vie conjugale dans son aspect le plus intime. Une loi qui se voit rapidement porter un nom : “le viol conjugal” selon les médias étrangers. Peut-on légaliser un tel crime?

Cette loi, mal interprétée d’après Hamid Karzai, a alarmé l’opinion internationale. Barack Obama, Nicolas Sarkozy et  Angela Merkel ont déploré une telle initiative. Des femmes afghanes ont manifesté dans les rues contre ces articles qui menacent de faire régresser encore plus leur situation. Par ailleurs, des contre-manifestations ont eu lieu pour les obliger à se soumettre à “la volonté de Dieu“.

Face au tapage médiatique Hamid Karzai a promis de réviser les articles de la loi en question. Mais le plus révoltant reste à venir.

Mohamed Asef Mohseni, l’ayatollah qui a créé l’article assure que c’est un quiproquo, qu’il n’est pas question de viol conjugal et que  “Cela ne doit pas être une obligation pour la femme de dire oui tout le temps, parce que certains hommes ont plus de désirs sexuels que d’autres. En revanche, si une femme dit non, l’homme a le droit de ne pas la nourrir“.

Là on s’interroge : au nom de quelle loi on codifie la vie sexuelle d’un couple? Pire : comment peut-on concevoir une vie de couple basée sur un chantage alimentaire qui réduit l’épouse à l’état d’esclave sexuelle ou même d’une prostituée obligée à se donner pour manger à sa faim?

Face à de telles attitudes, de telles mentalités, on se demande dans combien d’années, de siècles encore la femme afghane va avoir une vie digne d’un être humain à part entière? Un être doué de raison, pouvant s’assumer, prendre des décisions, prendre sa vie en main tout simplement sans avoir à rendre des comptes pour le fait de sortir, de manger, de respirer enfin.

F.O