Archive mensuelle pour février 2010.

Le voile islamique, morceau de tissu sur la tête au sujet duquel tant de politiques ont salivé, tant de lois proclamées, de campagnes féministes, islamophobes, antirigoristes,…et qui continue, chez beaucoup, à être considéré comme un signe de soumission à l’homme. Sachez donc que pour beaucoup de femmes et filles, le voile est une arme de libération

En Algérie, depuis la décennie noire, le voile a fleuri à une vitesse vertigineuse. A tout âge même, cas très choquants, des bébés filles que les pères intégristes voilaient. Le pays a vécu la barbarie des sanguinaires et s’en est, plus ou moins, sorti, mais le voile est resté.

A la sortie des écoles primaires, plein de petites têtes en couleurs et pas des chevelures mais des foulards qui les couvrent. Le voile des années 2000 n’a rien à voir avec celui des années 90. Il est branché, looké, coloré et fashion. Des magasins spécialisés se sont multipliés dans le pays, un marché juteux puisqu’il s’adresse à des filles qui par mimétisme, ou par ruse cèdent à ce “hidjab” plutôt joli qui leur permet d’être séduisantes et musulmanes.

Pourquoi se voiler? Les réponses sont aussi diverses que les filles qui se voilent. Par conviction est souvent la réponse qu’on entend, surtout de celles qui portent le voile dit intégral, noir et dissuasif, quoique… certaines voilées intégrales misent tout sur le seul atout apparent : des yeux savamment tracés au eye liner bien noir, et des cils portés aux nues grâce à un bon mascara. Se voiler pour pas allumer les hommes dit-on?

Pour d’autres, c’est par soumission à la recommandation coranique, sacrifice de coquetterie, ou pas, car adeptes parfois du “hidjab” branché : jeans, petit haut et foulard assorti sur la tête, on est loin de l’habit qui doit dissimuler les formes féminines. “Hidjab Fulla” disent les jeunes hommes en référence au clone arabe de la Barbie occidentale, pour qualifier ces filles coquettes et voilées. Des filles plus cool que les non voilées, disent les dragueurs invétérés, elles appellent les aventures en s’accoutrant ainsi.

Photo d'Algérie News Week, 17 février 2010

De leur côté, certaines filles affirment que sans ce bout de tissu sur la tête, peu importe qu’il y ait un jean slim plus bas et un haut bien serré sur la poitrine, elles ne sortiraient pas de chez elles et ne seraient pas libres de leurs mouvements. Aux yeux de leurs familles, le foulard est bêtement garant de leurs vertus. Quelle bêtise!

Pour avoir bien compris que le moyen de donner un coup de pied au cul de l’intégrisme rampant, est la ruse, ces filles ont accepté le deal. Elles révèlent que c’est ce bout de tissu, qu’elles abandonnent en sortant d’Alger pour aller en boite, qui leur permet de sortir sans que leurs parents le soupçonnent. D’autres, que c’est ainsi qu’elles peuvent aller avec leurs copains flirter à Bouchaoui ou au Parc d’attraction de Ben Aknoun ou même découcher en prétextant dormir chez une amie complice.

Se voiler pour mieux se libérer. Telle est l’astuce, les voies de la ruse féminine sont impénétrables. Grave intertextualité avec une situation fictive d’un autre âge : au 18e siècle, Laclos prend la parole au nom de la condition féminine en France à travers son personnage célèbre la marquise de Merteuil,  parangon de vertu aux yeux de la société et un modèle de libertinage la nuit tombée. Des Merteuil à leur façon, voilà ce que les “Fullates” algériennes sont devenues, art de la dissimulation oblige. Une belle façon de s’accommoder de l’intégrisme et de s’en affranchir. Au même temps c’est révélateur de toute l’hypocrisie de l’intégrisme islamiste lui-même plein de paradoxes…

F.O

Article à étoffer si témoignages il y a, à vous de participer


Samedi, Vol AH 1048 Alger/Lille départ 8H45 Aéroport international Houari Boumediene

Tout commence par un changement de hall d’embarquement. Une voix off a surpris les premiers arrivés  et qui attendaient le vol Hall 2 Porte 19. Un changement de lieu est annoncé : c’est en Hall 1 Porte 22 que les passagers pour Lille doivent embarquer.

Pour rappel, entre les deux halls il faut traverser un long couloir et ce n’est pas une partie de plaisir pour les familles avec enfants et bagages à mains encombrants.

8h00 : Attente dans le Hall 2. Une idée de changement de porte d’embarquement germe dans la tête d’un agent de l’aérogare négociant avec un talkie-walkie, mais une collègue à lui au courant du premier changement de hall l’a aussitôt dissuadé.

8h30 : Une file d’attente s’est formée devant la porte 22 sans la moindre trace d’avion dans l’emplacement prévu. Une voix off annonce un retard d’une demie heure du au « retard de l’avion à l’arrivée ». Le départ est annoncé pour 9h15 au lieu de 8h45.

8h45 : Il  y a de plus en plus de monde dans le Hall 2. Les voyageurs de plusieurs destinations (dont les vols sont retardés pour certains : Nice, Toulouse, Genève, Lyon) végètent sur des bancs de moins en moins disponibles.

9h00 : Attente, agacement, impatience, téléphones qui sonnent et appels donnés tous azimuts.

9h15 : Heure supposée de départ mais pas encore d’avion pour Lille.

9h30 : Une femme agent de la compagnie conseille aux obstinés de la file d’attente de s’asseoir et d’attendre qu’on les appelle à embarquer.

10h00 : Début d’un embarquement aux forceps. Plus de dix minutes d’attente avant l’ouverture de l’embarquement, j’entends l’agent de comptoir dire à son collègue : « C’est un avion qui arrive de Hassi Messaoud, les techniciens ont trop traîné », sans doute pour expliquer le retard.

Un embarquement calamiteux dont le maître mot est : INCOMPETENCE. Un mot jeté par un père de famille agacé de voir sa femme et son bébé ballottés de siège en siège par des stewards boutonneux, à peine la vingtaine, au langage maladroit. Les parents font  les frais d’une erreur d’enregistrement.

Dire que le premier contact d’un étranger avec le pays qu’il visite commence là, à travers une compagnie aérienne censée le lui représenter. Véhiculer une image du pays. Quelle belle image ! C’est raté !

J’ai croisé des regards de voyageurs –aussi bien étrangers qu’Algériens-  sidérés face au comportement des stewards. Des attitudes frisant l’insolence et une façon de parler aux passagers digne de nos « bons receveurs » de bus. D’une familiarité déconcertante et qui témoigne de l’inexpérience et l’incompétence de personnes inconscientes du rôle extrêmement important qu’elles jouent à la fois dans l’image qu’elles donnent de la compagnie et du pays.

L’un d’entre eux répond à un passager réclamant un verre de vin : « Mazal, oumbaàd, essenna » (pas encore , après, attendez) d’un air un peu agacé. Au moment d’un repas, que je ne pense pas initialement prévu et servi par la compagnie pour pallier le retard encouru, le service est encore plus chaotique. Des rafraîchissements sans plateaux de repas et vice versa.

14h00 heure lilloise : Atterrissage sur l’aéroport de Lesquin Lille.

Au terme de ce que j’ai vu de ce voyage, je donne un zéro pointé à la compagnie. Je me demande si Air Algérie prend toujours la peine de former son personnel naviguant.

Arrivée à Lille la tête pleine d’un retard qui m’a déboussolée, une seule question me taraude encore : pourquoi tant d’incompétence ?

Une passagère du vol


La polémique sur la burqa en France © Dilem, Liberté3 février 2010

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