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Face à la ch’ti mania les gens du Nord grincent aussi des dents
Une razzia hier dans les points Fnac et Furet du Nord de Lille pour la sortie du DVD du film Bienvenue chez les Ch’tis. Des fans en masses se sont rués sur les étalages et surtout sur Danny Boon venu spécialement dans la métropole lilloise pour une vente dédicace. Cette publicité autour de l’événement n’a pas manqué de réveiller les réticences d’un public loin d’être fan du film et encore moins de ce qu’il représente.
Sortant du Furet du Nord un livre à la main, Hélène, une lilloise de 49 ans, déclare avec agacement : “L’accent de Line Renaud m’a énervée à tel point que j’ai jamais fini le film et mon mari non plus. C’était vraiment la caricature du Ch’ti, du coup ça m’a coupé l’envie d’aller au bout du film. ». Issue du Nord et ayant des parents parlant chti Hélène s’empresse d’ajouter : « C’est exagéré, enfin on ne parle pas comme ça, même mes parents n’y comprenaient rien. Le patois que parle Line Renaud dans le film prouve qu’elle n’est pas de la région ». Pourtant l’actrice est armentièroise!
A la Fnac de Lille Christelle 21 ans et Loretta 20 ans, étudiantes en Art et culture parcours cinéma à Lille 3, sont éberluées par l’espace réservé à l’événement au sein du magasin. Tout un rayon mural spécial pour le DVD sans compter les nombreux bacs disposés ici et là avec de grandes affiches du film et un écran géant diffusant les séquences phares de Bienvenue chez les Ch’tis. Christelle s’exclame « Je trouve qu’on en fait des tonnes avec ce tapage médiatique, cet aspect marketing nous soule un peu depuis la sortie du film ». La jeune génération a une autre perception du film, elle ne s’identifie pas systématiquement à son contenu, c’est ce qu’affirme Loretta : « Le film ne nous parle pas, ce sont nos grands parents qui parlent comme ça, pas nous. Le film stigmatise trop de clichés sur le Nord comme l’alcool et la météo, tous les Chtis ne sont pas des alcooliques ».
Mais ce qui agace par dessus tout ces deux étudiantes en cinéma, c’est le fait que, selon elles, le budget alloué à la salle de cinéma de leur faculté ait été raflé par la production du film à titre de subvention accordée par le Conseil régional à l’époque de sa réalisation. 
Plus sceptiques encore, des personnes se fient aux opinions de leur entourage qui ne les encourage pas à aller voir le film. Laure 40 ans Villeneuve d’Asq déclare d’un ton catégorique et péremptoire : « Le film est suffisamment négatif pour que je n’aille pas le voir, j’ai eu des échos par mes amis qui l’ont vu”
Par ailleurs, plus tolérante, Marie, une lilloise de 87 ans, estime que le film représente bien le Nord, mais elle émet une petite réserve : « Je trouve le film incomplet parce que les gens du Nord ne sont pas aussi mal éduqués que ça ».
Décidément le film de Danny Boon n’est pas le bienvenu chez tous les Ch’tis.
F.O
C’est dans la salle archicomble de l’Espace Marine que le chanteur kabyle Idir a invité la Bretagne mardi soir durant deux heures. Assises au premier rang, deux jeunes Bretonnes expliquent leur choix du concert d’Idir plutôt que d’autres manifestations qui se déroulent au même moment ailleurs : « J’aime son style de musique, il est chaleureux et original », dit l’une pendant que l‘autre renchérit : « Je l’ai vu en concert à Quéven et l’ambiance donne vraiment envie de bouger, c’est une ambiance de fête ».
La première partie du spectacle est assurée par la Bretagne avec le Trio Empreintes. Le groupe interprète des chants et des musiques bretonnes qui ne laissent pas le public indifférent. Le parquet de la salle a vibré sous les pas de danse bretonne esquissés par la cinquantaines de personnes qui se sont ruées sur la piste.
Idir, qui était très attendu, entre enfin en scène, salué par de chaleureux applaudissements. L’artiste présente alors brièvement son programme « Le temps d’une soirée, nous allons vous montrer l’une des cultures principales de l’Afrique du nord, la culture berbère ». Il entame alors son concert avec des chansons nostalgiques.
Idir saisit l’occasion des intermèdes pour expliquer la mythologie et les thématiques de ses chansons et poésies. Il chante la tolérance et la lutte contre toutes les formes d’extrémismes.
Changeant de mélodies, il allie musique douce et rythmée. Il transporte son public captivé dans les hautes montagnes de sa Kabylie natale. Idir rend hommage à son défunt ami assassiné en juin 1998, l’artiste engagé Matoub Lounès à qui il dédie une chanson.
Son programme inscrit aussi deux duos avec le bagad de Lorient et avec le Trio Empreintes. Les instruments bretons alliés aux sonorités berbères ainsi qu’une osmose des voix. Cela a surtout incité le public à déserter les sièges pour mieux se sentir sur la piste.
L’espace d’une soirée, l’art d’Idir a été le lieu d’un dialogue entre les Bretons et les Berbères.
F.O
On naît Breton, on ne le devient pas ! C’est l’impression que projette, et de toutes parts, ce moment symbolique du 38e Festival interceltique : la parade.
Des foules en masse tout le long du parcours que devaient suivre les représentants des différentes nations celtes. Grisaille et pluie n’ont pas découragé les familles. Vêtues de leurs cirés, ils se sont agglutinés sur le chemin du cours de Chazelles et jusqu’au stade du Moustoir. Des habitués se sont même équipés de sièges pliables pour bien apprécier ce défilé qui a duré trois heures.
La voix d’un animateur, diffusée par des hauts-parleurs tout au long du trajet, présente les bagadoù, les danseurs, les délégations étrangères et leurs histoires respectives. En voyant arriver le premier groupe brandissant les drapeaux de toutes les nations celtes, la voix de l’animateur s’élève : « Nous devons être fiers de montrer notre patrimoine ».

Le dragon du pays de Galles, invité d’honneur cette année, ouvre la parade. Musiques, costumes et danses se conjuguent pour transporter les festivaliers. L’âme celte est présente sous toutes ses couleurs géographiques. Les airs joués par les bagadoù ponctuent ce défilé qui ne laisse pas indifférent.
Les délégations avancent le sourire aux lèvres dans une démarche joyeuse et rythmée par les bagadoù. Ils n’hésitent pas à répondre aux spectateurs ou même à se faire prendre en photos avec eux. Des jeunes filles s’amusent en dansant et emportent les festivaliers dans le tournoiement de leurs jupes aux couleurs chatoyantes. Même les
enfants participent à la parade en petits costumes conçus juste pour eux. La parade est désormais cette manifestation familiale qui réunit les grands comme les petits mais aussi cette grande famille qu’est la diaspora celte.
F.O
Quand on s’approche de Lille-Plage, ce sont déjà les cris des enfants qui nous interpellent. Sous un ciel gris,
une pluie fine et une température qui ne dépasse pas les 18°, nous entrons dans le site qui dégage une senteur de sable mouillé rappelant une vraie plage.
Une ambiance bon enfant qui porte bien son nom y règne : des gamins courent dans tous les sens en petits maillots, les joues rosies. Leurs babillages et leurs rires sont mêlés à une musique de fond diffusée par une guinguette au centre de Lille-Plage. Le site est partagé entre piscines et espaces de détentes qui sont principalement des jeux divers pour les petits : château gonflable, jeux d’eau, terrains de sport… La météo semble avoir chassé les adultes des transats mais pas vidé les piscines des enfants. Ils sont au centre de l’animation par ce jour de pluie. Le responsable de la sécurité de Lille-Plage, un homme d’une cinquantaine d’années en k-way nous dit : « Lorsqu’on va à la plage, c’est bronzette et nage et c’est comme ça que les enfants pensent, la pluie n’y change rien ». En effet, ce sont les enfants qui donnent vie au site : les plus petits sont occupés par des moniteurs à faire des châteaux de sable. D’autres plus grands s’amusent à la piscine sur le tapis glissant, sous l’œil vigilant des moniteurs. Sous la pluie aussi, les adolescents préfèrent s’affronter sur les deux tables de ping-pong, pas loin de la guinguette. A Lille-Plage, l’ambiance n’est pas du tout triste, la joie des enfants en vacances ensoleille un jour de grisaille et de pluie.



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