Archive de Tag pour ‘Cinéma’.

Brad Pitt à la fleur des âges

Un bien curieux film que l’Etrange histoire de Benjamin Button. Pourtant l’idée du voyage dans le temps n’est pas nouvelle. Nous avons vu  beaucoup de réalisateurs s’y intéresser sur des  modes allant du comique au dramatique.

C’est la réalisation du film qui justifie son succès. En reprenant cette histoire inspirée d’une nouvelle de Scott Fitzgerald ( publiée en 1922 ), le réalisateur de Se7en et Fight club offre au public un mélodrame réussi.

L’histoire de Benjamin Button (Brad Pitt) nous est contée au fur et à

Brad Pitt transformé en vieux de 80ans

Brad Pitt transformé en vieux de 80ans

mesure qu’une femme lit son journal intime à sa mère mourante alors que l’ouragan Katrina souffle à l’extérieur. En 1918 Benjamin est né enfant dans un corps de 80 ans. Abandonné par un père qui ne veut pas de lui, alors que sa mère meurt en couches, le vieux-bébé atterrit dans une maison de retraite. Une femme  de couleur, Queenie (Taraji P. Henson), le recueille et l’élève comme son propre fils. L’homme-enfant grandit parmi les vieux et apprend à vivre avec la mort. Une petite fille entre dans sa vie, Daisy (Cate Blanchett), et une histoire d’amour nait. C’est la trame principale du film : alors que Benjamin rajeunit au fil des ans, Daisy vieillit. La rencontre de leurs âges leur fait oublier la marche du temps mais celui-ci finit bien par les rattraper.

Formidable est le jeu de Brad Pitt qui a su incarner les différentes étapes liées aux âges interprétés. Il a tenu à jouer lui-même ce personnage multirôles et c’est un franc succès. Nous voyons défiler son histoire rendue émouvante par une voix off de narrateur mais aussi par un telescopage de grandes périodes historiques comme la seconde guerre mondiale. Des tubes musicaux des années 60 et 70 ponctuent le film. Désormais, David Fincher a pensé à tout, il a su rendre cette histoire, a priori fantastique, touchante par le fond philosophique et romantique dont elle est porteuse. La mort, la vie, l’amour, l’homme, de grandes idées en somme avec une pincée de réalisme poignant “Rien ne dure, tout à une fin” se répètent les personnages.

Fascinants sont le maquillage et les techniques esthétiques réalisés sur Brad Pitt pour figurer à l’écran les différents âges. Nous voyons autant le visage physiquement changer mais aussi le corps. Le réalisateur a fait appel aux techniques les plus récentes pour garder la tête de Brad Pitt en utilisant des corps d’autres acteurs à l’image.

Une vie qui commence par la fin, un homme qui vit à rebrousse-chemin, l’espace de deux heures quarante quatre minutes  le public est sens dessus dessous.

F.O

Quand le rêve américain se mue en cauchemar

Un faisceau d’émotions assaisonnées à l’américaine. C’est le dernier film de Sam Mendes, Les Noces rebelles.

L’histoire est classique : dans une Amérique des années 50, un couple s’encroute dans la routine, il en souffre et se débat entre une volonté de changement et une peur de s’aventurer vers l’inconnu.

Magistral est le jeu de Kate Winslet (April) et de Leonardo DiCaprio (Frank) . Vivant, comme le veut le rêve américain, en banlieue dans la fameuse maison avec jardin et barrière blanche, Frank Wheeller occupe un poste dans une entreprise privée. Il gagne bien sa vie mais peine à être heureux puisqu’il n’aime pas son travail. April est une Caroline Ingalls des années 50, sauf qu’elle est plus malheureuse que son époux. Son quotidien de femme au foyer et mère de deux enfants ne la satisfait pas, elle aspire à “vivre”. L’élégante ex héroine de Titanic incarne à la perfection le rôle de l’épouse qui s’étiole, se débat, tente de porter son couple vers un bonheur insaisissable. Elle lance avec enthousiasme un projet salvateur pour leur couple : partir s’installer à Paris. noces

Le rêve parisien de Frank et April Wheeler fait tiquer leur entourage : les collègues de travail de Frank et deux couples d’amis dont un vieux couple (avec dans le rôle de l’épouse Katy Bathes). Cette chance de s’en sortir à laquelle s’accroche April tombe à l’eau, c’est le matérialisme qui l’emporte. Commence alors une affreuse descente aux enfers qui mène le couple vers les infidélités avant de basculer vers un déchirement poignant.

Admirable scénario. Le film est ponctué de scènes bouleversantes qui racontent le drame du couple et touchent le spectateur. Les Noces rebelles démystifie complètement le rêve américain. Le conformisme tue inévitablement les Wheeler.

Voulue par Sam Mendes, la reconstitution du couple mythique de Titanic est désormais un franc succès. Le choix du scénario est, quant à lui, saisissant.

F.O

Un flash de scénarios semblables frappe d’emblée le spectateur de 94749_0815e7d1a724995258b6dbf108e37bf43Vilaine. Entre Bridget Jones et Amélie Poulain, Mélanie Lupin est cette fille enveloppée, mal dans sa peau, gauche et gentille. La gentillesse est désormais son vrai problème. Comme toute fille au physique ingrat, être gentille est pour elle le seul moyen de se faire accepter par les autres : sa mère, sa grand-mère, sa voisine dont elle promène le chien et ses fausses copines. Et comme toutes les héroïnes de son envergure, Mélanie, cruellement abusée par sa cousine et ses amies, se révolte et décide d’opter pour la méchanceté.

Le cliché est omniprésent dans le film : la fille enrobée que la nature n’a pas gâtée, dont la vie sentimentale est terne, et qui passe son temps sur Internet avec un paquet de chips à portée de main. La fille qui, le jour de la Saint Valentin, est foudroyée par la méchanceté gratuite de ses pseudos copines qui se moquent d’elle derrière son dos. Trois belles filles qui illustrent à leur tour le cliché des trois pestes : une blonde, une rousse et une brune. Des « garces » desquelles elle entend bien se venger tout au long du film. Enfin, un autre détail courant : Mélanie est aussi une fille moche qui aspire au prince charmant sans voir l’amoureux transi qu’elle côtoie tous les jours.

La comédie est partagée entre situations cocasses, délirantes et hilarantes : Le « Non ! » crié à la femme enceinte dans un bus, engueulade des vieux de la maison de retraite, la bagarre avec Aurore la cousine, le mariage burlesque d’ Aurore, enfin un clin d’œil flagrant à Forrest Gump. Les séquences du film sont ponctuées d’intrusions off d’un narrateur qui commente la vie de l’héroïne en accentuant le côté « infimement » dramatique de son histoire : « Mélanie avait compris qu’on ne pouvait pas être rond dans un monde carré ». Une séquence peut néanmoins choquer le spectateur, Marilou Berry maltraite un enfant, mais on le sait, cela n’est qu’un film.

Dans un décor un peu à l’américaine, une musique des années 80, les acteurs sont exclusivement des femmes. Le jeu de la fille de Josiane Balasko est parfaitement adapté à l’histoire. Elle incarne le personnage de l’injusticière et s’illustre un talent sûr pour la comédie. Au contraire, le jeu des « pestes » Frédérique Bel, Joséphine de Meaux et Valérie Bonneton frise la caricature des fées Carabosse, la méchanceté étant poussée à son extrême.

En somme, avec la Vilaine, un moment sympathique en perspective mais pas forcément explosif.

F.O

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