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Mardi 17 h, à quelques heures de son concert, Idir donne une conférence de presse au Palais des Congrès :
Comment s’articule le spectacle de ce soir ?
Idir : J’ai prévu des chants à thèmes avec une ambiance de fête. Le spectacle dure une heure et demie à deux heures, tout dépend des spectateurs (dit-il en souriant). Il y aura aussi un moment avec le bagad de Lorient
Avez-vous déjà travaillé avec des Bretons ?
Idir : Oui souvent, d’ailleurs ma femme est Bretonne. J’ai aussi travaillé avec des Irlandais et des Ecossais. Entre les Bretons et les Berbères il y a de fortes affinités, les deux nations sont dans une quête d’identité bien démontrée. Le breton appartient au monde celtique comme le kabyle appartient au monde berbère. La Bretagne et la Kabylie se marient bien. La similitude des contextes historiques facilite la communication entre les deux cultures.
Y a-t-il en Kabylie des festivals comme celui de Lorient ?
Idir : Hélas non ! Ce n’est pas faute de bonnes volontés, mais les moyens n’existent pas. Le pouvoir n’encourage pas trop ce genre d’initiatives.
Quelle est votre impression sur le Festival interceltique de Lorient ? C’est votre première fois ici ?
Idir : C’est ma première fois au Festival mais pas ma première fois à Lorient. Pour mon impression je ne peux pas répondre, je n‘ai encore rien vu, je suis arrivé aujourd’hui.
F.O
C’est dans la salle archicomble de l’Espace Marine que le chanteur kabyle Idir a invité la Bretagne mardi soir durant deux heures. Assises au premier rang, deux jeunes Bretonnes expliquent leur choix du concert d’Idir plutôt que d’autres manifestations qui se déroulent au même moment ailleurs : « J’aime son style de musique, il est chaleureux et original », dit l’une pendant que l‘autre renchérit : « Je l’ai vu en concert à Quéven et l’ambiance donne vraiment envie de bouger, c’est une ambiance de fête ».
La première partie du spectacle est assurée par la Bretagne avec le Trio Empreintes. Le groupe interprète des chants et des musiques bretonnes qui ne laissent pas le public indifférent. Le parquet de la salle a vibré sous les pas de danse bretonne esquissés par la cinquantaines de personnes qui se sont ruées sur la piste.
Idir, qui était très attendu, entre enfin en scène, salué par de chaleureux applaudissements. L’artiste présente alors brièvement son programme « Le temps d’une soirée, nous allons vous montrer l’une des cultures principales de l’Afrique du nord, la culture berbère ». Il entame alors son concert avec des chansons nostalgiques.
Idir saisit l’occasion des intermèdes pour expliquer la mythologie et les thématiques de ses chansons et poésies. Il chante la tolérance et la lutte contre toutes les formes d’extrémismes.
Changeant de mélodies, il allie musique douce et rythmée. Il transporte son public captivé dans les hautes montagnes de sa Kabylie natale. Idir rend hommage à son défunt ami assassiné en juin 1998, l’artiste engagé Matoub Lounès à qui il dédie une chanson.
Son programme inscrit aussi deux duos avec le bagad de Lorient et avec le Trio Empreintes. Les instruments bretons alliés aux sonorités berbères ainsi qu’une osmose des voix. Cela a surtout incité le public à déserter les sièges pour mieux se sentir sur la piste.
L’espace d’une soirée, l’art d’Idir a été le lieu d’un dialogue entre les Bretons et les Berbères.
F.O

